11 septembre 2016

Nous sommes la veille de mon premier cours d’introduction à l’étude des médias avec Pierre Lévy. J’allume mon ordinateur portable afin de consulter BlackBoard Learn. La phrase que je vois depuis le début de cette session s’affiche : indisponible actuellement. Mais comment est-ce possible ? C’est le seul de mes cinq cours qui demeure sans contenu, et ce, même la veille du premier. Je ressens un certain malaise. Non seulement CMN1560 se donne les lundis soirs de 19h à 22h, mais en plus, je comprends que je ferai face à un professeur qui ne préparera pas ses cours…

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12 septembre 2016

Je pénètre dans le fameux local C03 de Colonel By, probablement le pire de l’Université d’Ottawa, selon mon opinion. Ce que je remarque en premier est, bien évidemment, le profil Facebook du professeur Pierre Lévy affiché bien en grand à l’avant de la classe. Mon cerveau réfléchit à toute allure. Mais que sera ce fameux cours et comment serais-je en mesure d’avoir une bonne note?

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7 décembre 2016

Assise devant mon ordinateur à écrire ces mots, je ris intérieurement de mes pensées datant du 11 et 12 septembre. Dire que j’avais peur de ce que me réserverait ce cours ainsi que le professeur qui le donnait. En y réfléchissant bien, je crois que c’est ce dernier qui m’a le plus apporté lors de cette session. L’apprentissage collectif que j’y ai fait avec mes pairs me marquera beaucoup plus que toutes les notes écrites dans mes fichiers Word tout au long de mes autres cours.

Dès mon entrée au primaire, j’ai pris conscience que réussir n’est pas équivalent à évaluer si l’on a bien assimilé la matière qui nous est présentée. L’école ne se concentre pas non plus à savoir si nous sommes en mesure de comprendre ce que l’on apprend, afin de pouvoir réfléchir plus loin que seulement ce qui est écrit dans les notes de cours du professeur. Bien sûr que non, puisque la façon de vérifier si les élèves «apprennent» est de nous donner des examens basés sur des notions que nous devons apprendre «par cœur», afin de les oublier par la suite. De plus, on classe l’intelligence des étudiants selon leurs notes, et donc, par la capacité de leur mémoire. J’ai toujours cru que c’était normal puisque tout le système scolaire fonctionne avec cette logique. J’y ai toujours cru, du moins, jusqu’à ce que je suive le cours enseigné par Pierre Lévy…

Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper dans un arbre, il passera sa vie entière à croire qu’il est stupide.

Cette célèbre citation, traduite de l’anglais et régulièrement attribuée à  Albert Einstein, illustre exactement ma pensée en rapport au système scolaire dans lequel j’ai grandi. Selon mon interprétation, j’y comprends que nous sommes tous nés égaux avec la possibilité d’accomplir de grandes choses. Malheureusement, dès que nous entrons à l’école, qu’importe nos forces et nos faiblesses, nous nous faisons évaluer de la même façon. Du moins, jusqu’au moment où nous suivons le cours d’introduction à l’étude des médias de Pierre Lévy.

Ce fameux cours s’est illustré parmi les quatre autres de ma liste dès le départ, dû à l’utilisation de Twitter afin de prendre nos notes, avec le #UOIM. La plupart des étudiants étaient réticents au début, moi comprise, puisqu’ils n’étaient pas certains d’être en mesure de se concentrer sur les enseignements du professeur, tout en suivant les pensées de leurs collègues en direct. Étonnamment, le contraire se produisit. Non seulement on pouvait écouter ce que M. Lévy nous communiquait, mais, en plus, nous pouvions relire les phrases les plus marquantes immédiatement après qu’elles aient été prononcées. La période de questions allouée après la pause à chaque cours nous permettait aussi d’aller encore plus loin que la matière qui était présentée, puisque nous pouvions écrire toutes les interrogations qui nous étaient venues en tête, à la suite de nos nouveaux apprentissages du jour. Jamais auparavant nous n’avions exploré cette façon de consigner les notions, mais tous étaient ravis de l’utilisation de ce «calepin de notes collectif». De cette façon, on était assuré d’avoir accès à tout ce qui avait été présenté et même plus encore.

Twitter : #UOIM

La plupart des enseignants sont en accord avec la façon populaire d’évaluer les élèves : les examens. Ces fameux tests sont souvent source de stress et d’angoisse pour plusieurs. Par contre, à la base, l’école est censée être un lieu motivant qui nous pousse à vouloir satisfaire notre curiosité en apprenant de nouveaux concepts et en nous offrant la chance de penser plus loin à partir de ces derniers. Le problème avec ces tests repose sur ce que j’ai mentionné ci-haut : la mémoire. Les connaissances des étudiants sont calculées selon ce qu’ils se rappellent des concepts présentés. Ainsi, une fois l’examen terminé, la plupart des notions sont oubliées afin de céder leur place. D’après moi, ce n’est pas de cette façon que nous pouvons réellement évaluer ce dont un élève a compris de sa matière puisqu’en fait, il ne l’a qu’appris «par cœur»  pour une courte durée.

À la suite de mes observations au cours de ce trimestre, je crois que je peux affirmer que Pierre Lévy pense comme moi en ce qui a trait aux examens. Il n’y a qu’à voir comment nous avons été évalués lors de cette session : l’utilisation de Storify. Ainsi, le stress de devoir apprendre «par cœur» l’origine des médias et des méthodes de communication s’est transformé en plaisir de créer une courte histoire racontant comment nous avons vécu et assimiler les connaissances qui nous ont été transmises. Je suis convaincu que le fait de devoir repasser au travers de chacune des écritures des étudiants dans le «calepin de notes collectif» afin de pouvoir créer notre propre histoire nous aura davantage marqués à long terme que si nous avions été obligés d’apprendre tous ces concepts en vue d’un examen. Juste le fait de produire un travail intéressant apporte beaucoup plus qu’une étude longue et fastidieuse, selon mon opinion.

Mon Storify 1 : Révolution #UOIM

Mon Storify 2 : Un mélange hétérogène de connaissances

Je crois sincèrement que Pierre Lévy explore actuellement une toute nouvelle façon de révolutionner le monde du système scolaire. Mon rêve peut sembler utopique pour certains, mais j’ose espérer que je n’élèverai pas mes enfants dans une société qui les évalueront sur ce qu’ils auront retenu «par cœur»  de leurs classes. Selon moi, il est plus important de se concentrer sur les savoirs que nous leur enseignerons et sur ce qu’ils comprendront de ces derniers. Cela les amènera plus loin, dans l’optique de partager à leur tour de nouveaux apprentissages. Bien entendu, c’est sans compter qu’avec l’ère numérique dans laquelle ils vivront, les connaissances se transmettront encore plus rapidement que la vitesse de l’éclair…

Ah, que nous réserve le futur de l’enseignement?

Vidéo anglophone à propos du système scolaire

 

 

 

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